Lê Fondateur  
     
 

Les Vertus héroïques

Le Postulateur de la cause de béatification de Père Giacinto Bianchi note que « (…) toute la vie du serviteur de Dieu (…) était totalement « chrétienne », vécue dans la fidélité au baptême et toujours orientée (…) selon l’esprit sacerdotal (…) ; c'est-à-dire que Giacinto Bianchi est un Serviteur de Dieu dont la vie se déroule entièrement et constamment sur la voie de l’innocence. C’est dans ce sens que l’on doit comprendre ce qui sera exposé sur les vertus du fondateur (informatio super virtutibus, pp.35-36).
 
Les vertus théologales

La foi
De l’ensemble des sources et des témoignages, il ressort que la vie du serviteur de Dieu était basée sur la foi, animée et soutenue par cette vertu ; il ne vivait que de foi; comme Abraham et les patriarches d’Israël. Voici quelques témoignages :
« Sa foi était profonde, ferme, pieuse et active, pour affronter chaque difficulté. Ses paroles, attitudes, décisions étaient inspirées par la foi ; il faisait comprendre que sa pensée était toujours fixée sur Dieu (Summ., p. 397, ad 33).

Un autre témoignage:
« Je crois que le Père Giacinto Bianchi était un homme juste qui vivait de sa foi. En effet je peux constater que habituellement ses discours, ou étaient religieux, ou bien se référaient au Seigneur, quelque soit les arguments qu’il traitait, même les choses indifférentes … (Ibid., p. 493, ad 33).
Enfin, l’abbé Eligio Mazzola, qui connut Père Bianchi de près, déclare ceci :
« J’ai une impression sûre qu’il vivait de foi.  J’étais édifié par sa célébration, il lisait posément  et exécutait bien les cérémonies. J’ai constaté qu’il restait longtemps dans l’église après la Messe ; il faisait aussi des visites au Saint Sacrement » (Ibid., p.509, ad 33).
Le Serviteur de Dieu était donc un homme à la foi solide et extraordinaire et il la faisait transparaître dans son existence sacerdotale.

Espérance

La vertu de l’espérance étroitement unie à la foi, était pratiquée par le Serviteur de Dieu surtout comme un détachement total de la réalité terrestre et comme un abandon confiant dans la main de Dieu. C’est ainsi que sœur Maria Solimani écrit ce qui suit dans son long rapport :
« Il avait la confiance en la providence divine et il s’était détaché du monde et de toutes les personnes ainsi que des choses créées. Il vivait la pauvreté parfaite, il était comme un pauvre sans maison et sans toit. Sa richesse était Jésus Christ. Détaché des parents, il avait renoncé à tout par amour pour son Dieu » (Ibid., p. 360).  
On trouve la confirmation de ce témoignage dans un texte de sœur Annunziata Capra:
« Il vivait abandonné dans la main de la divine Providence, n’ayant aucune préoccupation pour lui-même, ni aucune pour demain. Toujours pauvre et ayant besoin de tout, mais toujours prêt à venir au secours de tous. Quand il finissait la prédication, il quittait vite le pupitre sans attendre des offrandes » (Ibid., p. 329).
L’extraordinaire énergie de son espérance surnaturelle, qui animait et orientait le Serviteur de Dieu vers la vie éternelle et le paradis, s’est révélée en particulier dans sa dernière maladie et en face de la mort. C’est ce qu’a exprimé la sœur Maria Solimani à ce propos:
« A la fin, l’espérance de remettre son âme à Dieu lui donnait de supporter avec une résignation héroïque sa longue maladie et sa douloureuse infirmité qui le rendait martyr sur son lit de douleur…; son corps était réduit à n’être qu’une plaie; il ne lui restait que la main droite pour pouvoir tenir son crucifix, et le porter à la bouche et sur son cœur…; des larmes coulaient de ses yeux; son visage montrait sa souffrance héroïque, mais de sa bouche, on n’entendait  que quelques paroles priantes… » (Ibid., 349).
La foi et l’espérance étaient les vertus qui brillaient dans la vie de l’abbé Bianchi, reliées entre elles par la charité divine.

La charité

Plusieurs témoignages attestent que toute la vie et l’œuvre du Serviteur de Dieu étaient soutenues par la vertu de charité, exercée de façon héroïque. C’est ce que déclare sœur  Maria Solimani:
« Je suis restée vingt ans sous sa direction, j’ai le devoir de dire ce que je sais de ses vertus. Ses lettres et ses confidences m’ont permis de connaître un homme plein de foi, d’espérance et de charité; un homme plein de l’Esprit de Dieu, de dévotion à la très Sainte Vierge Marie, à Saint Joseph, à ses Saints Protecteurs et aux Âmes du Purgatoire; ses lettres révèlent son grand amour fait de la confiance dans la divine providence, du détachement du monde, de l’amour de la pauvreté, de l’amour du prochain, du zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, et de l’abandon de soi-même … » (Summ. P.345).  
L’autre face de la charité envers Dieu et envers le prochain, était « naturellement » présente dans la vie de notre serviteur de Dieu. Il suffit de penser aux initiatives prises par Don Bianchi à Scandolara avec la maison de travail, à Genova avec le projet d’hospice des hommes célèbres, à Pigna avec la restauration de l’église paroissiale, la construction de la grotte de Lourdes, l’érection de la pieuse union mariale et surtout la fondation des Filles de Marie Missionnaires, qui révèlent sa passion missionnaire et évangélisatrice. En un mot, on peut dire que le Serviteur de Dieu avait toujours à cœur le salut des âmes, qui est la charité dans son expression maximale. Voici ce que dit la sœur Augusta Tasso à ce propos:
« J’affirme que (le Serviteur de Dieu) avait l’amour héroïque pour son prochain. Je sais qu’il priait et faisait prier pour obtenir les grâces pour le prochain, en particulier la conversion des égarés et des pécheurs. En obtenant de demander de m’offrir comme victime pour les femmes méchantes, il accepte en me faisant mettre aussi dans l’intention les hommes méchants, et il me guidait dans l’exécution pratique de l’offrande à travers les prières et les pénitences spécialement spirituelles. Oui il aidait volontiers le prochain dans n’importe quel  besoin … Dans sa prédication on constatait son amour ardent pour les âmes » (ibid. p. 430, ad.51).
Et dans cette même ligne, le texte continue ainsi :
« Je n’ai jamais écouté le Serviteur de Dieu se lamenter contre quelqu’un, critiquer ou dire des médisances. Il respectait tout le monde. Je n’ai jamais noté en lui des ressentiments ou de l’animosité. Il répondait par le silence ou par la patience aux impolitesses, aux offenses, et aux incompréhensions » (Ibid., p. 403, ad. 52).
          
Dans ce contexte il convient de mentionner comme expression de la charité magnanime de Giacinto Bianchi, sa disponibilité déclarée à exercer le ministère sacerdotal à Pigna dans le diocèse de Ventimiglia, où il avait subi l’humiliation de l’arrestation et de la condamnation civile, suite à l’intervention de Teodoro Rebaudo concernant le legs de messes (cf Summ., pp. 78-82 ; 102-106 ; 108-112).
On peut constater dans ces petits mais éloquents témoignages que toute la vie et le ministère sacerdotal du Père Giacinto Bianchi, sont alimentés par une extraordinaire charité envers Dieu et envers les autres, surtout les nécessiteux, si bien que le Serviteur de Dieu apparaît comme un homme de Dieu qui vit et œuvre avec un regard surnaturel.

Les vertus cardinales

Les vertus théologales sont étroitement liées aux vertus cardinales si bien qu’elles se compénètrent mutuellement et s’expriment en un lieu unique de pratique vertueuse,  soutenue par la charité. A cette pratique des vertus théologales se rattachent donc les vertus cardinales pratiquées par le Serviteur de Dieu. Bien que n’ayant pas émis les vœux religieux, Don Giacinto Bianchi vivait dans un état  de vie de perfection évangélique, c’est-à-dire une sainteté de vie qui donnait la cohésion aux vertus théologales et morales, ainsi que les vertus « humaines », c’est ce qui est décrit par son biographe, l’abbé Revelli (cf Summ., pp. 284-288). Sa pratique constante des vertus, en général et en particulier, semble être à mon avis suffisante pour la qualifier de pratique héroïque.
A propos de la prudence, une certaine perplexité a été clarifiée par le postulateur qui a su expliquer la motivation du Serviteur de Dieu dans l’affaire du legs de messes de Rebaudo (cf 114-129).
« Selon ce qui est déjà relevé dans le summ. (pp.114-116), le postulateur clarifie les incertitudes évoquées ci-dessus : toute cette triste affaire concernant Giacinto Bianchi avait été montée par la perfidie d’un certain ennemi personnel du Père Bianchi à Pigna ; car en fait, les deux mille lires reçues pour la libération du legs de messes ont été données aux servants de messe salésiens comme une offrande et utilisées aussi pour le rachat de jeunes esclaves noires. Certes, l’emploi et la destination juste et légitime de la part du Serviteur de Dieu ont été  marqués d’un peu d’imprudence, par rapport à la finalité pour laquelle l’argent avait été donné par Rebaudo. Mais plus que d’imprudence (et d’injustice), on devrait l’accuser d’une irrésistible libéralité » (Informatio super virtutibus, p. 63).

D’autres observations pourraient émouvoir :
Sur son comportement « peu prudent » dans l’organisation juridique de l’Institut fondé par lui et pour lequel il n’a pas reçu l’approbation canonique jusqu’à sa mort; dans l’affaire de la construction de l’église en l’honneur de sainte Ermelinda non achevée à Villa Pasquali (cf Summ., 248-249). Dans ce cas je crois qu’il faut parler de la confiance excessive dans la providence divine, plus que d’imprudence, pour être en accord avec ce qui est dit dans la déposition :
« Le pauvre Serviteur de Dieu est plutôt victime de sa naïveté, de son inexpérience avec peut être une confiance démesurée dans les hommes. Un peu plus d’ordre, de précision et d’exactitude, et même un peu de méfiance auraient pu le mettre en garde contre certaines gens et lui épargner d’autres difficultés rencontrées dans sa vie » (Ibid., pp. 115-116).
Avec la prudence, vertu à laquelle nous avons prêté plus d’attention, nous voulons évoquer aussi la justice, la force et la tempérance du Serviteur de Dieu. Il suffit de penser à son engagement en faveur de la femme, engagement justement placé au centre de ses activités - ce en quoi il était en avance sur son temps -, et de penser également à sa persévérance dans les initiatives entreprises, et aux nombreuses épreuves affrontées chrétiennement…  Ceci permet de voir dans ce Serviteur de Dieu la figure d’un prêtre extraordinaire.

 

 
 
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