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Méditation du Père Giacinto Bianchi aux Filles de Marie

Texte réélaboré du manuscrit autographe, AFMM, VIII.2.6.1/3

TEMOIGNAGE DES VERTUS ET DE LUTTE CONTRE LES PASSIONS
POUR UNE VIE DE PERFECTION

Je veux vous parler du miroir très limpide dans lequel en vous mirant vous mêmes, vous vous purifiez des défauts pour paraître comme la Vierge Mère Immaculée.
C’est pourquoi, je veux vous dire de croire toujours en deux choses:
1. Vous ne pourrez jamais mériter l’éloge et la couronne des vraies Filles de Marie si à coté de tant de vertus qui ornent votre âme, il y a l’ombre d’un seul défaut, qui obscurcit à peine un peu les rayons très lumineux de l’innocence.
2. Vous ne pourrez jamais arriver à la perfection si vous ne vous décidez pas de combattre avec résolution, jusqu’à vaincre ce tel vice dominant qui fait continuellement la guerre, à l’image de notre Mère Immaculée qui écrase l’orgueil avec son talon.
Je ne vous demande pas des vertus héroïques, mais sans craindre de vous offenser, je vous demande l’humilité, et avec elle toutes les vertus chrétiennes – parce que sans l’humilité, elles sont toutes nulles. Il est nécessaire que vos intentions soient droites, qu’elles ne déclinent pas de tout des lois inscrites par Dieu au Sinaï et sur le Calvaire. Il est nécessaire que dans tous vos comportements, resplendisse une exemplarité constante, de façon que vous ne fassiez pas un pas sans laisser une trace de perfection, que votre bon nom soit tellement intègre, que non seulement il ne soit pas tâché, mais qu’il ne soit même pas suspect.
Vous ne seriez pas dignes d’être de vraies Filles de Marie, dignes du nom qui vous fait honneur et vous glorifie, si vous n’êtes pas tellement pures de mœurs, tellement détachées du monde, tellement désireuses de vertus, tellement unies à la Madone, tellement animées par le bien et mortifiées, que vous soyez irréprochables.
Il convient, il est indispensable que vous vous montriez ainsi au monde, aux anges, aux hommes. Il est tellement nécessaire que votre vertu et votre innocence soient réputés et claires, qu’en admirant votre style de vie, les autres ou restent sans mot ou bien sont forcés d’admettre que les Pieuses Union de Marie sont une providence.
Chaque petit défaut est scruté en vous: un discours mal placés, une négligence, une tiédeur, une mode, un regard, une visite, un mot, un rire est remarqué et on crie: Quelle belle Fille de Marie!...». Soyez pures dans les pensées en les adressant à Dieu, dans les mains par les bonnes œuvres, dans le cœur par la rectitude des buts, dans l’âme par la sainteté de vie.
Mais puisque vous êtes des femmes vivant dans le monde, voilà la nécessité de la Congrégation Mariale, pour vous refléter en Marie. Les manquements sautent aux yeux de tous (la vertu non, parce qu’elle se cache par humilité ou bien parce que le monde ne s’en soucie pas) et ternissent ces vertus héroïques qui rendent votre âme parfaite.
Vos vertus sont comme l’or qui se trouve dans le sable des fleuves: il se dépose au fond et on ne peut le voir; tandis que vos défauts sont comme les algues et les pailles que les courants troublés transportent avec soi: elles flottent et font croire le fleuve plus laid que beau. Pour cela, si parmi tant de vertus qui couronnent votre apostolat, quelques imperfections qui jettent le discrédit sur la sainteté de l’Institut transparaîtront, le monde dira «Le fleuve est plus plein de boue que d’eau limpide».
Si vous jetez un regard imprudent, si vous dites un mot incorrect, si de vos poitrines se lève une étincelle de dédain, si sur vos lèvres fleurit un sourire importun, c’est seulement cela que tout le monde voit. C’est seulement cela que tous remarquent et censurent, sans considérer les nombreuses vertus par lesquelles vous faites grandir l’honneur de votre Pieuse Union. Pour cette seule faiblesse, qui vous fait vaciller mais ne vous fait pas tomber, les méchants hurlent contre vous et les incroyants se moquent de vous. Parmi les mondains, on s’oblige à beaucoup d’attention, à beaucoup de manières gentilles: comment pourrait-on tolérer que les Filles de Marie soient mauvaises?
Si la vertu est mêlée à quelques vices, elle est peu estimée par Dieu. Dans le monde courent de nouvelles doctrines, commodes, dangereuses: la liberté des conversations, auxquelles interviennent des hommes et des femmes de toute sorte, les églises qui semblent des théâtres et certaines prédications qui semblent des comédies, des académies. Certains ne jeûnent pas pendant le Carême, d’autres ne communient pas, pas même à Pâques, d’autres encore trompent.... il suffit qu’on regarde autour de soi.
Il y en a qui disent: cela c’est trop prétendre des jeunes, bien qu’elles soient Filles de Marie et appelées à être parfaites d’esprit, elles sont toutefois faites de chair, sujet à la corruption; on ne peut pas prétendre qu’elles soient comme la Vierge Immaculée.
Je demande trop avec cela: mais Jésus Christ ne prétendit-il pas assez plus lorsqu’il proposa d’être parfaits comme son Père? Oui – dites-vous - mais Christ était Dieu.
Mais saint Paul écrit que nous sommes saints et immaculés devant Dieu. Vous répondez: « Nous sommes des pécheresses», et c’est vrai, mais qui vous empêche de devenir saintes? Dieu veut que tous nous devenions saints, ainsi nous serons bienheureux sur terre.
Est-ce que je demande trop? Oui, mais à qui est-ce que je le demande ? Aux Filles de Marie qui professent la vertu. Je ne vous cache pas que pour remporter une victoire totale sur le monde qui vous retient d’être parfaites, (Je vous ai expliqué comment Jésus veut que vous soyez parfaites), il faut la force et le cœur. Je le sais moi aussi que nos passions sont toujours fières et toujours manifestantes et bien qu’elles soient domptées par le frein de la mortification, elles sont récalcitrantes. Quand nous les croyons vaincues, elles grandissent: quel sera le remède pour cela? Le voici, très sûr, approuvé toujours avec succès: pour jouir de la paix, assurez-vous toujours contre la passion prédominante, celle qui nous fait la guerre la plus dure.
Quelqu’une dira: «Dieu merci, moi je suis loin des suspects et des conversations dangereuses: je reste à la maison, j’ai des compagnes pleines de vertus, je suis modérée dans les repas, je ne suis pas ambitieuse; je prie, je travaille, je ne lis pas de romans, je me promène peu... mais je me lamente de la pauvreté». D’autres au contraire: «Moi je suis patiente dans mon état et ma condition, mais je voudrais plus de santé», «je ne me préoccupe pas de moi-même: je ne pense plus au mariage et j’ai l’âme en paix, toutefois je ne peux pas nier que moi non plus je n’ai pas tout l’engagement pour la Pieuse Union et je ne m’applique pas avec ardeur pour qu’elle soit aimée». Ces attitudes sont un mal grave, et il faut changer de vie pour arriver à vaincre sa propre passion.
Etudiez votre point faible - ambition, envie, orgueil – combattez –le jusqu’au bout: autrement quelle perfection serait la vôtre, si vous corrigez un seul défaut, et les autres non? Dans la voie de la perfection, qui ne fait pas tout ne fait rien: malheur à qui arrête de labourer et regarde en arrière. Qui ne s’enflamme pas est tiède.

Que Dieu veuille arracher tous les vices et triompher complètement des ennemis de la vertu en éliminant la passion dominante, celle qui nous fait prévariquer, et alors toutes pourront s’exclamer: «Vive Marie Immaculée et les Pieuses Unions».


 
 
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